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Nicolas Flamel

Nicolas Flamel

(vers 1330 à Pontoise ? – 1413 à Paris), est un bourgeois parisien du XIVe siècle, écrivain public, copiste et libraire juré. Sa réussite dans son métier, son mariage avec une veuve ayant du bien, et ses spéculations immobilières lui assurèrent une fortune confortable, qu'il consacra, à la fin de sa vie, à des fondations et constructions pieuses. Cette fortune, que la renommée amplifia, est à l'origine du mythe qui fit de lui un alchimiste ayant réussi dans la quête de la Pierre philosophale permettant de transmuter les métaux en or.

 

On possède sur Nicolas Flamel une documentation relativement importante pour un personnage de l'époque n'appartenant pas à la noblesse : les actes de la paroisse de Saint-Jacques-de-la-Boucherie, réunis au XVIIIe siècle, divers documents personnels de lui et de sa femme dont son testament, ainsi que des descriptions et des illustrations, postérieures à sa mort, des bâtiments et monuments religieux qu'il fit bâtir.

 

Vers 1370, il épousa une femme deux fois veuve, Pernelle, et en 1372 ils se firent devant notaire un legs mutuel de leurs biens, don qui fut renouvelé à plusieurs reprises, et qui excluait de l'héritage de Pernelle sa sœur et les enfants de celle-ci. Eux-mêmes sans enfants, les deux époux Flamel commencèrent à financer des œuvres et constructions pieuses.

 

Pernelle mourut en 1397. Juste avant sa mort, sa famille essaya de faire annuler le legs mutuel entre les époux. Il s'ensuivit un procès contre les héritiers de la sœur de Pernelle que Nicolas Flamel finit par gagner. Après la mort de son épouse, il continua à financer des constructions dévotes, et s'engagea dans des investissements immobiliers à Paris et dans les alentours.

 

Il mourut le 22 mars 1413, et enterré à l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie où sa pierre tombale fut installée sur un pilier au dessous d'une image de la Vierge. L'église fut détruite à la Révolution française, vers 1797. La pierre tombale fut cependant conservée, et rachetée par un antiquaire à une marchande de fruits et légumes de la rue Saint-Jacques de la Boucherie, qui s'en servait d'étal pour ses épinards. Rachetée en 1839 par l'hôtel de ville de Paris, elle se trouve actuellement au musée de Cluny : « Feu Nicolas Flamel, jadis écrivain, a laissé par son testament à l'œuvre de cette église certaines rentes et maisons, qu'il avait fait acquises et achetées à son vivant, pour faire certain service divin et distributions d'argent chaque an par aumônes touchant les Quinze Vingt, l'Hôtel Dieu et autres églises et hospitaux de Paris. Soit prié ici pour les trépassés. »

 

Le nombre et le caractère ostentatoire des ses fondations pieuses, en fait relativement modestes, et l'accumulation dans son testament (conservé aujourd'hui à la Bibliothèque nationale) de legs de montants peu importants ont probablement contribué à amplifier sa fortune dans la mémoire de l'époque. Peu après sa mort, Guillebert de Metz dans sa Description de la ville de Paris (1434) parle de Flamel comme l' « escripvain qui faisoit tant d'aumosnes et d'hospitalitez et fit plusieurs maisons ou gens de mestiers demouroient en bas et du loyer qu'ils paioent, estoient soutenus povres laboureurs en haut ». Et dès 1463, lors d' un procès concernant sa succession, un témoin disait déjà que « [Flamel] estoit en renom d'estre plus riche de moitié qu'il n'estoit.» C'est dans ce contexte qu'apparut la rumeur qu'il avait du sa richesse à la découverte de la Pierre Philosophale des alchimistes, capable de transformer les métaux en or.

 

 

 

La légende de l'alchimiste

Le mythe de Nicolas Flamel alchimiste est le résultat de plusieurs phénomènes de la tradition alchimique. Tout d'abord, à partir du XVe siècle, la croyance en l'origine alchimique de certaines fortunes bourgeoises du Moyen Âge : outre Flamel (le plus connu), ce fut le cas de Jacques Cœur (c. 1400-1456), de Nicolas le Valois (c. 1495-c.1542) (la plus grosse fortune de Caen et fondateur de l'hôtel d'Escoville), ou encore du marchand allemand Sigmund Wann (c. 1395-1469) . Ensuite la pseudépigraphie, par laquelle on attribua des traités alchimiques à des autorités antiques (Aristote, Hermès Trismégiste, etc.) ou médiévales (Albert le Grand, Thomas d'Aquin, Raymond Lulle, Arnaud de Villeneuve...), pour compenser « la marginalité d'une discipline qui ne fut jamais vraiment intégrée au savoir universitaire ». Enfin, avec la Renaissance, « le recours au langage allégorique et au symbolisme pictoral devient systématique » dans les textes alchimiques ; cela va entraîner, à partir du milieu du XVIe siècle une « exégèse alchimique » qui va rechercher un sens caché tant dans les textes bibliques que dans les récits la mythologie gréco-romaine (notamment la légende de la Toison d'or), et enfin dans les décorations symboliques de l'architecture médiévale.

La plus ancienne trace de cette légende est un texte de la fin du XVe siècle, Le Livre Flamel, qui est en fait la traduction française d'un traité en latin du XIVe siècle, le Flos florum (La fleur des fleurs), attribué alors à Arnaud de Villeneuve. Ce texte connut une certaine diffusion, et une version courte en fut traduite en anglais au milieu du XVIe siècle . D'autres traités lui furent attribués au cours du XVIe siècle. C'est notamment le cas du livre des laveures, qui est en fait la traduction française du Rosarius traité latin du XIVe siècle de l'alchimiste anglais John Dastin : sur un manuscrit du XVe siècle, le nom du possesseur a été gratté et remplacé par celui de Flamel.

 

Dans le même temps apparaît l'idée qu'un sens alchimique est caché dans les figures allégoriques religieuses que ornent les arcades du cimetière des innocents. La première trace se trouve dans le De antiquitate et veritate artis chemicæ (De l'antiquité et de la vérité de l'art chimique) (1561) de l'alchimiste Robert Duval (traité qui sera placé en tête du premier volume de la grande anthologie alchimique le Theatrum Chemicum (1602) : « À cette catégorie de fictions appartient l'énigme de Nicolas Flamel, qui figure deux serpents ou dragons, l'un ailé, l'autre non, et un lion ailé, etc ». Cette idée se retrouve également dans des commentaires en prose de la seconde moitié du XVIe siècle du poème Le Grand Olympe (qui fait une interprétation alchimique des Métamorphoses d'Ovide). Toujours en 1561, Robert Duval, dans son recueil de poèmes alchimiques De la Transformation métallique : Trois anciens tractés en rithme françois, attribua à Flamel le Sommaire philosophique, sans doute parce qu'il présentait également le motif des deux dragons (le dragon étant un des principaux symbole alchimique ) Le poème, qui s'adresse à « Qui veult avoir la cognoissance / Des metaulx & vraye science / Comment il fault transmuer / Et de l'un à l'aultre muer », reprend la théorie alchimique classique qui veut que tous les métaux soient composés de deux « spermes » : le soufre, fixe et masculin, et le mercure (vif-argent), volatile et féminin.

La légende fut reprise plusieurs fois de 1567 à 1575 par l'influent médecin paracelsien Jacques Gohory. Il s'y mêla alors un des topos les plus éculés de la littérature alchimique depuis la Table d'émeraude, et qui convenait bien au libraire Flamel : la découverte d'un ancien livre contenant le secret de la Pierre Philosophale. C'est tout d'abord Noël du Fail qui l'introduisit en 1578 qui cite, à l'appui des guérisons miraculeuses de Paracelse, les plus fameux alchimistes parmi lesquels « Nicolas Flamel, Parisien, lequel de pauvre escrivain qu'il estoit, & ayant trouvé en un vieil livre une recepte métallique qu'il esprouva fut l'un des plus riches de son temps, temoings en sont les superbes bastiments qu'il a faicts au cemetiere S. Innocents, à Saincte Geneviefve des ardens, à S. Jaques de la Boucherie, où il est en demy relief, avec son escritoire au costé, & le chaperon sur l'espaule estimé riche luy & sa Perronelle (c'estoit sa femme) de quinze cens mille escus, outre les aumosnes & dotations immenses qu'il feist ». L'idée fit son chemin, car on la retrouve en 1592 dans une note en fin d'un manuscrit d'un texte alchimique La lettre d'Almasatus .

La légende se popularisa à tel point qu'elle se vit moquée en 1585 par Noël du Fail (qui avait semble-t-il changé de position) dans ses Contes et Discours d’Eutrapel (1585), et Flamel apparut comme alchimiste et auteur du Sommaire Philosphique dans les notices des Bibliotheques françoises de La Croix du Maine (1584) et d'Antoine du Verdier (1585). La Croix du Maine rapporte d'ailleurs des rumeurs qui couraient à l'époque, comme quoi la richesse de Flamel ne venait pas de ses talents d'alchimistes, mais du fait qu'il se serait approprié les créances des juifs, alors chassés de Paris (Charles VI avait signé un édit d'expulsion en 1394). Et c'est pour dissimuler ce fait qu'il aurait fait croire qu'il avait découvert la Pierre Philosophale, et aurait financé des fondations pieuses.

Elle passa les frontières en 1583, le paracelsien belge Gérard Dorn, traduisant en latin des passages du Sommaire Philosophique , et on la retrouve en Allemagne en 1605 et en Angleterre en 1610 .

Tous les ingrédients étaient réunis pour qu'apparaisse en 1612 l'ouvrage le plus connu attribué à Flamel : Le Livre des figures hiéroglyphiques.


 

La maison de l'alchimiste médiéval Nicolas Flamel est pleine de symboles gothiques.  On peut même encore distinguer sur la devanture de sa demeure : "Ora et labora" qui signifie "Prie et travaille". Cet écrivain public et alchimiste français du XIVe siècle est en effet réputé pour ses recherches sur la pierre philosophale.

la maison de l'alchimiste médiéval nicolas flamel est pleine de

 

source : wikipedia

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