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L'alphabet runique

Intro

                                                                                                          

La Pierre de Rök
L'alphabet runique ou Futhark – terme formé à partir du nom des six premières lettres de cet alphabet – était l'alphabet utilisé par les anciens peuples de langue germanique, tels que les Anglo-saxons (pour écrire le vieil anglais) ou les Scandinaves (pour écrire le vieux norrois).

Les racines indo-européennes du mot « rune », *rūn, signifient « mystère » ou « secret » et ceci est plus visible dans l'un des dérivés raunen signifiant « murmurer » ou « parler en secret ».

Système originel

Cloche de l'église de Saleby, Västergötland, Suède, contenant des inscriptions datant de 1228 en futhark
Cloche de l'église de Saleby, Västergötland, Suède, contenant des inscriptions en futhark datant de 1228


L'alphabet original des runes nordiques, le futhark à 24 lettres, représentant les 24 constellations visibles des anciens Scandinaves, dont les Vikings, est souvent appelé la « ligne rune » et était organisé en trois groupes de 8 runes chacun, dénommés ätter (familles) : les ätts de Freyr (ou Frey), Hagal et Týr respectivement, le premier caractère de chaque groupe étant exemplifié par le caractère initial du nom.

Le futhark original nordique de 24 lettres, aussi connu comme le futhark germanique : Fehu, Ūruz, Þurisaz, Ansuz, Raidō, Kaunan, Gebō, Wunjō, Hagalaz, Naudiz, Īsaz, Jēra, Eihwaz, Perþō, Algiz, Sōwilō, Tiwaz, Berkanan, Ehwaz, Mannaz, Laguz, Ingwaz, Dagaz et Oþila (Propriété Óðal).

Voici les 24 runes originelles :

f f u u th,þ þ a a r r k k g g w w
h h n n i i j j ï,ei ï p p z z s s
t t b b e e m m l l ŋ ŋ d d o o


Symbolique 

Chaque rune possède une symbolique :

  1. Fehu : le bétail, l'argent, la richesse : c'est le dieu de la Fertilité. Elle symbolise aussi le feu primordial, et est à l'origine de toute chose. (Lettre F)
  2. Uruz : le bison, le bœuf, la force vitale première. (Lettre U)
  3. Thurisaz : les géants, le supplice des femmes. (Lettre TH en anglais)
  4. Ansuz : Dieu, poutre sacrée ou pieu des ancêtres. Elle symbolise surtout l'inspiration, la conscience. (Lettre A)
  5. Raido : la chevauchée, le chemin, le voyage dans les ténèbres. (Lettre R)
  6. Kaunan : la torche, le canot, le bateau. (Lettre K)
  7. Gebo : les dons et cadeaux, le Sacrifice et les offrandes. (Lettre G)
  8. Wunjo : le délice, la magnificence, le confort. (Lettre W)
  9. Hagalaz : la grêle, l'orage, la Magie néfaste du Temps. (Lettre H ou CH)
  10. Naudiz : la servitude, la détresse, la contrainte, le tourment, la nécessité. (Lettre N)
  11. Isaz : la glace, le froid et le malheur. (Lettre I)
  12. Jeran : les années, les saisons fertiles, les récoltes et la bénédiction du champ. (Lettre J)
  13. Eihwaz : l'if, la mort, la proscription de la Magie et autres dangers. (Lettre E)
  14. Pertho : divination, hasard. (Lettre P)
  15. Elhaz : l'homme, la fourchette, l'ambivalence. (Lettre R)
  16. Sowilo : le soleil, la lumière, la chaleur et la fertilité. (Lettre S)
  17. Tiwaz : la flèche, la fidélité, le dieu de la Guerre Ziu. (Lettre T)
  18. Berkanan : la branche de bouleau, le mariage et la déesse Frigg. (Lettre B)
  19. Ehwaz : le cheval, l'accompagnateur du char du soleil. (Lettre E)
  20. Mannaz : l'homme, l'humanité. (Lettre M)
  21. Laguz : l'eau, la mer, les lacs et les sources. (Lettre L)
  22. Ingwaz : Dieu ou héros de souche Ingwi. (Lettre NG)
  23. Dagaz : le jour et la luminosité, à l'origine du feu sacré. (Lettre D)
  24. Othalaz : la propriété foncière. Le contraire de Fehu. (Lettre O)

Noter que le système runique, lorsqu'il est utilisé en tant que système magique, présente une adaptabilité très grande. Les symboliques données ci-dessus sont valables mais pas en tant que dogmes, plutôt en tant que possibilités parmi d'autres. Les chercheurs runiques ne considèrent généralement pas les runes sous un jour purement objectif, mais tentent de se les réapproprier tant leurs sens peuvent être multiples, et leurs interprétations variables.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/84/Vaksalastenen.jpg

La Pierre de Vaksala, Pierre chrétienne d'Uppland (Suède)

 

Utilisation des runes

Les runes étaient ordinairement utilisées pour des inscriptions dans le bois, le métal, le cuir ou la pierre. Les runes consistaient principalement en des marques verticales et diagonales, avec moins de marques horizontales ou courbées (certaines versions de runes n'en ont aucune).

Le dessin des runes aidait à leur sculpture dans le bois. Les mots étaient écrits le long du grain du bois, signifiant que toutes les marques étaient coupées à travers le grain. Ceci est dû au fait que des coupes le long du grain auraient provoqué des cassures dans le bois, ou se seraient refermées si le bois absorbait de l'humidité. Bien que les runes aient été utilisées pour des travaux d'écriture comme la Bible, elles l'étaient plus habituellement pour des inscriptions courtes plutôt que pour un texte complet.

Dans la mythologie nordique le dieu Odin est suspendu dans le monde-arbre, Yggdrasil, pour neuf jours en sacrifice personnel afin d'apporter le cadeau des runes à l'humanité. D'après Tacite, les anciens peuples germaniques avaient l'habitude de creuser des marques sur des feuilles de bois de fruit et les sélectionner comme lots pour la divination. De plus, chaque rune est associée à un dieu, et par là possède une signification magique particulière, qui peut s'associer à d'autres runes pour former un sort, une amulette ou une bénédiction.

 

Origine des runes

L'alphabet runique fut créé par les locuteurs de dialectes de langues germaniques afin d'écrire leurs langues. Bien que quelques érudits prétendent que les runes seraient entièrement issues de l'alphabet grec (Morris in Odenstedt 359) ou du latin (Odenstedt 362) la plupart des érudits considèrent que cet alphabet est un mélange aux origines diverses. Seebold, Krause, Jensen (571) et Coulmas (1996: 444 ff.) pensent que l'alphabet runique est un mélange d'alphabets italique nordique/alpin avec une influence latine.

Cette pensée majoritaire est certainement plus réaliste que les explications fournies par Morris et Odenstedt.

Quelques lettres ont une origine latine évidente, par exemple les runes pour /f/ et /r/, d'autres qui rappellent — au moins au niveau du format — l'alphabet alpin, par exemple le rune /h/. Il y a aussi des symboles qui peuvent être aussi bien latins que alpins, par exemple la rune /i/-rune. Bernal (36) pense qu'il y avait aussi quelques substrats d'alphabet impliqué ; Miller (62) prétend que les origines de l'alphabet runique sont le méditerranéen archaïque. Les deux n'expliquent pas les raisons de leurs croyances. Dans le même travail, Miller écrit aussi que les paramètres phonétiques sur lesquels l'alphabet runique est établi sont finalement clairement sémitiques et sont liés aux scénarios de Byblos et Ugarit aussi bien que l'alphabet phénicien. Plusieurs scénarios runiques différents furent développés au cours du temps.

Les runes les plus anciennes qui nous sont parvenues seraient datées de l'an 200, et il est généralement accepté qu'elles ne furent pas inventées avant l'an 1. Ces runes primitives jusqu'aux environs de l'an 650 semblent toutes utiliser le même futhark de 24 runes. La plupart de ces inscriptions sont très courtes et incompréhensibles, et dans presque tous les cas il est difficile de les traduire et d'être certain de leur langue précise. La plupart des runes préservées sont en pierre, cependant quelques fragments existent en bois, écorce et os, et quelques-unes sur du parchemin, le plus fameux étant le Codex Runicus. Ces inscriptions à la traduction incertaine voire impossible, sont la plupart du temps des inscriptions à dessein magique. Ceci signifie que ces caractères runiques n'étaient pas ordonnés pour former des mots (dépendant d'un langage), mais que leur graveur utilisait alors leur sens magique, lequel ne dépend pas de la phonétique ou de la langue, mais est propre à chaque caractère. Dans le cas de telles formules runiques, le futhark perd son rôle de support du langage pour devenir le support des pratiques ésotériques propres aux cultures nordiques.

Il apparaît que les runes pourraient être beaucoup plus anciennes. La rune pour le son æ, comme dans sAd, n'était pas utilisée dans l'écriture, car à cette époque les langues germaniques n'avaient pas ce son. Néanmoins, dans chaque liste de caractères elle apparaît toujours. Cependant, dans le proto-ouest germain æ semble avoir existé comme un phonème complet. Rien ne permet de prouver que le futhark aurait subi l'influence latine ou grecque. Au contraire, il serait plus judicieux de les dater d'une époque très antérieure, puisque le système d'écriture "ancêtre" des runes, l'écriture dite d'Hallristinger, et présentant cette même forme rude et rectiligne, découverte dans la partie nord nord-ouest de l'Europe, daterait de la fin de la préhistoire. Le svastika y est très présent, on dénombre dans cette écriture jusqu'à cinq versions de ce symbole solaire (note : « Svastika » signifie « tout est bien » en sanscrit).

 

 

Tags associés : alphabet, runique

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Le Mardi 17 Mars 2009
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