Haut de page
19 Mai 2012, St Yves
information sur le paranormal
Me suivre sur...
Liens partenaires
  • Aucun lien actuellement
Campagne membre
Accueil » Culture
  Articles de cette rubrique :
 

Le celtisme s'apparente dans l'imagerie populaire à la Bretagne. Parce que des dialectes Celtiques subsistent dans la partie occidentale de Bretagne. Ils sont parlés également dans l'Ouest de l'Irlande, le Pays de Galles et le Nord-Ouest de l'Ecosse.

On ne sait pas si le celtisme Breton a été réimporté du Pays de Galles au 5e 6e siècle après Jésus-Christ ou s'il a survécu à la romanisation. La tradition bretonne a livré des poèmes, des chansons, des contes populaires et encore aujourd'hui des chansons modernes à succès comme la tribu de Dana du groupe Manau.

L'époque moderne voit une renaissance des cultures flamande et bretonne.

Croix Celte
Triskele Celte

Mais à travers l'histoire, le celtisme n'est pas exclusivement Breton et j'ai tenté un premier rapprochement avec les Belges celtes. Le pays qui conserve la mémoire celte la plus vivace est l'Irlande car elle a échappé à la romanisation. Iseult était une princesse irlandaise et l'histoire de ses amours avec Tristan fut extrêmement célèbre au moyen age. Le mythe celtique de Tristan et Yseult prit naissance en Bretagne et se répandit dans presque tous les pays d'Europe. Il se rattacha au cycle arthurien par l'addition tardive du roi Arthur à la légende.
.

La légende de Tristan et Iseult a subi de nombreuses transformations depuis son apparition à l'époque païenne celtique. Ce texte hypothétique aurait été l'aboutissement d'une tradition orale datant des conteurs celtiques préchrétiens

Et voici le problème d'une étude sur le celtisme, c'est que la culture est orale, ils connaissaient l'écriture mais elle était symbolisée par des dieux de l'obscur et de la mort. Aujourd'hui encore, dans le droit irlandais, un fait peut-être exact si plusieurs personnes la racontent de la même façon. On ne peut étudier le celtisme que par les travaux d'archéologie, à travers le décryptage des textes latins notamment ceux de César, Cicéron et Pline le jeune et bien sur par les textes insulaires irlandais constitues de fables, contes et légendes, généralement traduits par les moines chrétiens du Moyen-Âge. On peut sans doute dire que la christianisation de l'île a permis de conserver toutes les légendes celtiques et à travers elles leurs croyances. Dans la France actuelle, la plus grande découverte archéologique est celle de la tombe de Vix en cote d'or.


La pièce majeure est un cratère colossal en bronze, d'une seule pièce haut de 1,65 m et pesant 208 kg, conservée au musée de Châtillon-sur-Seine. Ce cratère est sans doute sortie d'un atelier de grande Grèce cadeau fabriqué pour des principes barbares avec qui le monde méditerranéen commerçait, et date du - 6e siècle. Le phénomène celtique intéresse presque toute l'Europe. Face à la civilisation gréco-romaine et à l'arc classique, c'est le plus riche des arts barbares.

 


Tags associés : celtisme

J'kaz !
0
Samedi 07 Mars 2009Poster un commentaire

Le druide est un personnage omnipotent et omniscient de la société celtique, au point qu’il est à la fois ministre du culte, philosophe, gardien du Savoir et de la Sagesse, historien, juriste et aussi conseiller militaire du roi et de la classe guerrière. Il est en premier lieu l’intermédiaire entre les dieux et les hommes. Il correspond donc à la première fonction de l'idéologie tripartite des Indo-Européens mise en lumière par Georges Dumézil.

Dans le récit Táin Bó Cúailnge (Razzia des vaches de Cooley), le druide Cathbad provoque la mort d'un émissaire qui a parlé sans permission, car « Nul ne parle avant le roi, mais le roi ne parle pas avant son druide ».

Il est chargé de la célébration des cérémonies sacrées et lui seul a le droit de pratiquer les sacrifices. Ce qui fait du druidisme, non seulement la religion des peuples celtes, mais aussi le fondement de toute leur civilisation.

Un seul nom de druide historique nous est connu, c’est Diviciacos dont Jules César nous apprend qu’il a été vergobret du peuple des Eduens, mais c'est Cicéron dont il fut l'hôte, qui nous renseigne sur sa qualité. Les autres, dont il est question dans les textes, relèvent de la mythologie celtique.

Comme pour tout ce qui concerne la civilisation celtique, nous ne disposons d’aucun texte d’origine interne. Les druides eux-mêmes sont à l’origine de cette lacune : considérant que la parole écrite est morte, ils ont privilégié l’oralité et la mémoire pour la transmission du Savoir. Néanmoins, les Celtes connaissaient l’écriture ( ils utilisaient le grec) et l’ont utilisée de façon marginale. De plus, ils ont inventé les ogam ou écriture oghamique dont 300 inscriptions à vocation funéraire nous sont parvenues gravées dans la pierre.

Le rôle du druide dans la société


En tant que ministre de la religion, le druide procède à tous les rites cultuels, et en particulier aux sacrifices. Si les sacrifices humains de prisonniers de guerre sont attestés, il semble cependant qu’ils étaient réservés à des circonstances exceptionnelles, les sacrifices animaux (chevaux, taureaux) ou symboliques étaient plus courants.

L’enseignement, c’est-à-dire la transmission orale du savoir, fait aussi partie de ses responsabilités. C’est encore César qui nous apprend « qu’un grand nombre de jeunes gens viennent s’instruire chez eux » et que les études peuvent durer 20 ans ; on cite le chiffre de 150 élèves pour le druide mythique Cathbad, dans la tradition irlandaise.

Dans le contexte celtique, le domaine juridique fait partie de la théologie et relève donc de la religion. C’est donc tout naturellement que les druides sont à la fois juristes et juges. Le non-respect d’un contrat est sanctionné par des peines qui sont codifiées selon la nature de la faute et le rang des parties dans la hiérarchie sociale. Si c’est le roi qui prononce la sanction, c’est le druide qui conseille.

Compte tenu de la primauté de son statut, du prestige attaché à sa fonction, et aussi de sa qualité de juriste, il a aussi la charge des relations diplomatiques pour prévenir la guerre ou régler les compensations après l’agression. Notons au passage qu’un druide peut participer à la guerre, il n’y a pas d’interdit ni d’obligation. Le druide-guerrier est un personnage assez courant. Ainsi, à titre d’exemple, le druide Cathbad, dont le nom signifie « Tueur au combat ».

En tant que Savant et garant du savoir, il est logique que les domaines de l’histoire, de la généalogie, de la toponymie soient de son ressort, étant entendu que ce que nous appelons mythologie avait une réalité à cette époque. Pour des raisons de légitimité et de souveraineté, ces disciplines se devaient d’être les plus précises possibles.

Les Tuatha Dé Danann (Gens de la déesse Dana – les dieux de l’Irlande) ont un dieu-médecin, Diancecht qui est un expert dans la magie et la médecine, il soigne et rétablit les blessés, il ressuscite les morts en les immergeant dans la Fontaine de Santé, il fabrique une prothèse au roi Nuada qui a eu le bras arraché. Les épopées sont pleines de ces guérisons, où les plantes, les incantations et les breuvages magiques sont utilisés.

Leur grande connaissance de l'astronomie leur aura permis de conceptualiser le temps, dont nous avons une idée grâce au calendrier de Coligny, qui date de l’époque gallo-romaine.

Le roi ne prend pas la parole avant le druide, mais ils forment une sorte de binôme indispensable et antagoniste. Si le roi exerce la souveraineté, il le fait sous l’inspiration du druide qui lui doit le conseil, il y a dépendance du pouvoir politique au spirituel.


Les druides, représentation fantaisiste de Neuville au XIXe siècle

Certains textes irlandais font état de l’intervention des druides au moment de la naissance, pour donner un nom à l’enfant et pratiquer une lustration, que l’on assimile à une forme de baptême.
L’attention portée aux présages est générale, car ils sont l’expression des volontés divines et donc les présages et la divination ne peuvent relever que du religieux dans la mesure où le druide est l’intermédiaire et sa parole sacrée. C’est donc un domaine illimité dès l’instant qu’il est question de l’avenir.
Le mot irlandais geis (pluriel geasa) désigne un interdit qui peut être négatif (sens d’interdiction) ou positif (sens d’obligation) ; la geis a force de loi. Elle s’adresse principalement au roi et aux membres de la classe guerrière et recouvre l’ensemble des activités de la vie quotidienne.
La magie, dont la médecine est un prolongement, fait appel à des techniques rituelles. Les plantes médicinales en sont un élément important, il faut aussi noter l’élixir d’oubli qui affecte la mémoire, la musique, la Fontaine de Santé qui guérit les blessés dans les batailles et ressuscite les morts, la pomme, symbole celtique par excellence de l’immortalité et du savoir, la cueillette du gui accompagné du sacrifie de taureaux, et bien d’autres.
Les éléments aussi participent à cette religion : l’eau par son pouvoir de lustration, le feu qui sert aux sacrifices ou à la purification des troupeaux, le vent qui a le pouvoir d’égarer ou d’anéantir, le brouillard qui permet de se déplacer de manière invisible.
Les incantations sont aussi une pratique très usitée. La littérature irlandaise parle notamment du glam dicinn qui est une malédiction suprême qui entraîne la mort, de l’imbas forosnai qui a le sens d’illumination, et du dichetal do chennaib cnâime, dont la signification est incertaine : ce « chanté de la prophétie » serait une improvisation. La louange est de la responsabilité du barde, c'est une forme de poésie qui consiste à mettre en valeur les qualités d’un personnage. Le blâme est de même nature avec l’objectif contraire, à ne pas confondre avec la satire qui est une incantation religieuse et légale qui entraîne généralement la mort. La geis est une incantation constituée d'obligations et d'interdits que les membres de la classe des guerriers doivent respecter, sous peine de mort.

Les fêtes 

L’année celtique comporte quatre grandes fêtes religieuses au caractère obligatoire, l’absence étant punie de mort.

  • Samain dont le sens est « réunion » a lieu le Ier novembre. Plus que le nouvel an, c’est le passage d’une année à l’autre, sa célébration dure une semaine qui est hors du temps, ce qui favorise les contacts avec l'Autre Monde. Elle se caractérise par des festins et des beuveries rituelles.
  • Imbolc qui signifie « lustration » est le 1er février. C’est la purification qui marque la fin de la période hivernale.
  • Beltaine les « feux de Bel » au 1er mai est une fête sacerdotale en rapport avec Belenos et de sa parèdre Belisama, qui marque le passage de la saison sombre à la saison claire avec le changement d’activités que cela implique. Les druides allument de grands feux pour protéger le bétail, essence même de la richesse.
  • Lugnasad est l' « assemblée de Lug » le Ier août. Cette fête est consacrée au roi dans son rôle de redistributeur des richesses et de protecteur. C’est l’occasion de conclure des contrats de toutes sortes (commerciaux, matrimoniaux, juridiques) et de se mesurer dans des compétitions (joutes littéraires, sports).

Selon le Lebor Gabala (Livre des Conquêtes) le druidisme a été inventé par les Partholoniens, arrivés en Irlande 312 ans après le déluge et qui vont l’occuper pendant 5 000 ans. César aussi pense qu’il est originaire de l’île de Bretagne, puis s’est répandu en Gaule ; d’ailleurs il affirme que nombre d’étudiants vont se perfectionner là-bas.
Tout ce que l’on peut dire à ce propos ne peut être qu’une émanation de ce que nous savons de ses ministres. Plus qu’une religion, au sens où nous le comprenons aujourd’hui, le druidisme est le fondement même de la civilisation celtique, et le règlement de l’ensemble de la société. Toute la vie des Celtes est sous le contrôle des druides.

Les Celtes étaient convaincus de l’immortalité de l’âme, c’est la raison pour laquelle les guerriers n’éprouvaient aucune peur de la mort lors des batailles. Des confusions dans la lecture des textes ont suggéré la notion de réincarnation, mais celle-ci est inexistante.
Le Sidh est le nom gaélique qui désigne l'Autre Monde celtique, il se situe à l’ouest, au-delà de l’horizon de la mer, dans des îles magnifiques ; sous la mer, dans les lacs et les rivières où se situent de somptueux palais de cristal aux entrées mystérieuses ; sous les collines et les tertres. C’est le séjour des dieux.

Le culte se pratiquait dans des aires sacrées appelées Nemeton en langue gauloise (et nemed en gaélique) dont on trouve la trace, par exemple, dans le toponyme de la forêt de Nevet près de Locronan (Finistère), dont la Troménie, procession chrétienne, perpétue le souvenir d’une cérémonie druidique. Il est fort probable que des monuments mégalithiques, tels Carnac ou Stonehenge, aient été récupérés par les druides. Si à l’origine le Nemeton fut probablement un endroit ouvert, il a considérablement évolué pour devenir un enclos, de forme généralement quadrangulaire, comprenant des édifices en bois et un puits à offrandes.

Les filid irlandais ont élaboré un système de notation, les ogam (système parfois appelé écriture oghamique), qui n’a jamais servi à la rédaction de textes, mais à des inscriptions funéraires (dont 300 nous sont parvenues) ou incantatoires gravées dans la pierre ou le bois. Attribué par la tradition à Ogme, le dieu de la magie et de l’éloquence, cet alphabet composé d’encoches et dérivé de l’alphabet latin en association avec des noms d’arbres, resta cantonné à l’Irlande, l’Écosse et le Pays de Galles.

La thèse d’une origine chamanique préhistorique fut avancée, mais elle ne résista pas à l’analyse, et fut rapidement abandonnée. Par ailleurs, si le sanglier est l’animal emblématique de la classe sacerdotale, la notion de totémisme est totalement à exclure, ne correspondant pas dans sa définition aux conceptions celtiques.

Le druidisme fut une exclusivité de la civilisation celtique et ne résista pas à la romanisation des zones où il était implanté en Europe, ni à la christianisation de l’Irlande. Pour Philippe Jouët, « L’illusion d’une continuité doctrinale, même partielle, entre druidisme et christianisme repose sur une interprétation erronée ou tendancieuse de quelques textes d'élaboration récente ».

Tags associés : druides

J'kaz !
0
Samedi 07 Mars 2009Poster un commentaire

Les Celtes constituent une civilisation protohistorique de peuples Indo-européens migrants à travers toute l’Europe et vers l’Asie. L’expansion celte en Europe s'est faite à partir de la Bohême. La culture celte a connu son apogée entre les VIIIe et IIIe siècle av. J.-C. Les Celtes possèdent une culture riche qui sut s’épanouir pendant les Âges du fer et développer un art tendant à l'abstraction dont la valeur est aujourd'hui reconnue. La culture celte survécut jusqu'au Moyen Âge en Irlande, avant de disparaître avec l'évangélisation de l'île par saint Patrick au Ve siècle.

Ne connaissant pas d'unité politique, les Celtes formaient une myriade de peuples possédant des lois, des coutumes et des rites différents, mais partageaient une même structure sociale et une religion commune. On les connait essentiellement à travers les textes antiques grecs et romains (en particulier grâce à César) et les textes médiévaux des clercs gallois et irlandais qui nous ont transmis une abondante littérature, traitant des mythologies celtiques, des vertus royales et des faits héroïques.

C'est probablement leur incapacité à s'unir et à fonder des entités politiques plus vastes que la cité ou la confédération de peuples qui les a perdus : il semble qu'à l'instar des Grecs archaïques, les Celtes aient eu horreur du centralisme et n'aient connu que des alliances temporaires, fondées sur le clientélisme (voir l'article « Gaulois »).

L'histoire des Celtes est marquée par une succession de conquêtes et de migrations (jusqu'au IIe siècle av. J.-C.) qui les menèrent jusqu'en Asie mineure.

La civilisation celtique disparait par acculturation après les conquêtes romaines, hormis dans les îles britanniques et particulièrement en Écosse et en Irlande.

 Si les Celtes connaissaient l’écriture et l’ont parfois utilisée, ils ont privilégié l’oralité pour la transmission du Savoir, quel qu’en soit le domaine, de sorte qu’il faut étudier le domaine celtique à partir de sources externes ou tardives. La construction de sanctuaires à usage religieux est un fait très tardif dans le domaine celtique puisqu’ils n’apparaissent qu’au IIIe siècle av. J.-C.. Aux époques précédentes, le culte régi par la classe sacerdotale des druides, se faisait dans des espaces sacrés en pleine nature (nemeton en langue gauloise signifie « sacré », nemed en gaélique), comme les clairières, la proximité des sources. Lucain, dans la ‘’Pharsale’’ (III, 399-426), nous donne la description d’un de ces lieux avec un endroit strictement interdit, réservé aux dieux. Le site de Burkovák (Bohême) recèle de très nombreux objets à caractère votif, mais est exempt de toute construction. Il est possible aussi que des ensembles mégalithiques, tels Carnac (département du Morbihan en Bretagne) ou Stonehenge (comté du Wiltshire, Angleterre) aient pu être réutilisés par les druides dans un but cultuel. La construction de palissades autour d'enclos et de bâtiments intervient à une époque où la civilisation celtique entame son déclin. Le plus célèbre de ces sites est celui Gournay-sur-Aronde.


Les principales sources sur la religion des anciens Celtes sont tout d'abord les textes de leurs contemporains grecs et latins, notamment Diodore de Sicile (Histoires), Strabon (Géographie), Pomponius Mela (De Chorographia), Lucain (La Pharsale), Pline l'Ancien (Histoire naturelle), et surtout Jules César avec La Guerre des Gaules. Ensuite, il existe tout un ensemble de textes irlandais, écrits du VIIIe au XVe siècle, qui retranscrivent les mythes et épopées de l'Irlande transmis oralement de générations en générations, et qui constituent la Mythologie celtique.

Ces textes, rédigés dans un contexte chrétien, complètent ceux des Anciens ; on retiendra : le Cath Maighe Tuireadh (Bataille de Mag Tured), le Tochmarc Etaine (Courtise d’Etain), le Táin Bó Cúailnge (Razzia des Vaches de Cooley), le Lebor Gabala (Livre des Conquêtes) et les Mabinogion gallois.

D'une manière générale, l'absence relative de témoignages de première main dont nous disposons sur la religion des anciens Celtes a donné lieu à un ensemble d'interprétations plus ou moins fantasques. En réalité, la connaissance que nous en avons s'appuie sur cet ensemble de sources extérieures, dont le propos peut être limité à des considérations politiques (César), ou encore de présenter des « barbares », au sens moderne du terme (Lucain). Enfin, il faut mettre en relation ce que nous savons des anciens Celtes et les sources irlandaises tardives avec la plus grande circonspection : ces dernières, en effet, présentent comme toute mythologie des influences non-celtes : indigènes, qui seraient plus anciennes et propre au contexte géographique, chrétiennes, etc. Et encore, ces sources témoignent d'une réalité éloignée de cinq à dix siècles par rapport à celle des Celtes contemporains de la conquête romaine.

Obéissant fondamentalement au schéma général de la tripartition des sociétés indo-européennes, la société celtique paraît avoir été structurée en trois classes : la classe sacerdotale qui possède le Savoir, gère le Religieux et fait la Loi, la classe guerrière qui gère les affaires militaires sous le commandement du roi et la classe des producteurs (artisans, agriculteurs, éleveurs, etc.) qui doit subvenir aux besoins de l’ensemble de la société et en priorité à ceux des deux autres classes (César parle des druides, des equites (chevaliers) et de la plèbe).



Deux druides sur le bas-relief d'Autun.

À l'époque précédant la conquête romaine de la Gaule, et, semble-t-il, par la suite dans les îles, la caractéristique majeure de la pratique religieuse des anciens Celtes est le druidisme. Le mot druide qui est spécifiquement celtique provient de « dru-wid-es » qui signifie « très savants ».

L'existence du clergé druidique est attestée chez plusieurs auteurs antiques, pour différentes époques et en différents lieux du monde celtique. Ainsi, dans la tradition irlandaise, le druidisme apparaît comme une création des Partholoniens, arrivés en Irlande 312 ans après le déluge. Ou encore, en Gaule, les druides paraissent avoir joué un rôle clef dans l'insurrection de -52 et, par la suite, dans les révoltes gauloises du premier siècle : celle des equites, menée par l'Éduen Julius Sacrovir en 21 après J.-C. et rapportée par Tacite dans ses Histoires, aurait conduit au déclenchement des hostilités de Rome à l'égard des druides gaulois.

Le « clergé » druidique avait en charge la célébration des cérémonies sacrées et des rites cultuels : lui seul avait le droit de pratiquer les sacrifices, parfois humains, mais plus généralement d'animaux ou symboliques (comme l'attestent les ex-voto en bois inventés aux sources de la Seine). C'est d'ailleurs la pratique des sacrifices humains qui servit de prétexte à l'interdiction des druides sous l'Empereur Tibère (ou Claude pour certains historiens).

Les autres prérogatives des druides comprenaient logiquement l’enseignement, la diplomatie, l’histoire, la généalogie, la toponymie, la magie, la médecine et la divination. Le druide, grâce à son savoir (dont l'acquisition pouvait nécessiter vingt ans d’études, selon César) et grâce à sa maîtrise des pratiques magiques, était un intermédiaire entre les dieux et les hommes.

Le druide avait aussi un rôle de conseiller politique auprès du roi avec lequel il a pu former un binôme dans lequel le roi exerçait la souveraineté sous l’inspiration du druide. Le druide Diviciacos, contemporain de Cicéron et directement à l'origine de la conquête romaine de la Gaule, apparaît notamment comme le chef politique des Éduens.

À tous égards, le druide était le personnage prédominant de la société celtique, à la fois ministre du culte, philosophe, gardien du Savoir et de la Sagesse, historien, juriste et aussi conseiller militaire du roi et de la classe guerrière. Il est également possible que toute la vie des Celtes ait été sous le contrôle des druides à certaines périodes.

Aussi, on peut penser que les druides ont joué un rôle fondateur pour l'ensemble de la civilisation celtique et pour le règlement de l’ensemble de la société celte.

Sans entrer dans les spécifications de la classe sacerdotale, trois types de « professions » à caractère religieux sont connus dans le monde celte :

  • le druide qui désigne tout membre de la classe sacerdotale, dont les domaines d’attribution sont la religion, le sacrifice, la justice, l’enseignement, la poésie, la divination, etc. ;
  • le barde est spécialisé dans la poésie orale et chantée, son rôle est de faire la louange, la satire ou le blâme ;
  • le vate est un devin, il s’occupe plus particulièrement du culte, de la divination et de la médecine. Les femmes participent à cette fonction de prophétie.

En Gaule, l'existence d'une hiérarchie druidique est également presque certaine si l'on se réfère aux témoignages latins qui portent sur l'existence d'une assemblée annuelle des druides (sur le territoire des Carnutes, près de Chartres) et sur l'existence d'un Gutuater, sorte de chef des druides, qui aurait participé activement à la politique des Gaules. Le druidisme aurait ainsi pu servir de trait d'union entre les peuples celtes.

Calendrier religieux


Le calendrier de Coligny

Selon les sources irlandaises, l’année celtique était rythmée par quatre grandes fêtes religieuses au caractère obligatoire, dont deux majeures : Samain au 31 octobre ou 1er novembre (selon notre calendrier) et Beltaine au 30 avril ou 1er mai, et deux de moindre importance : Imbolc le 1er ou le 2 février et Lugnasad le 1er août.

  • Samain, qui a lieu le 1er novembre de notre calendrier, correspond au début le l'année et de la saison sombre. C'est une fête de passage, de transition, elle dure une semaine, trois jours avant et trois jours après. C’est à la fois le début de l’année nouvelle et la fin de celle qui s’achève. Elle est marquée par des rites druidiques, des assemblées, des beuveries et des banquets rituels. Elle a la particularité d’être ouverte sur l’Autre Monde (le sidh des Irlandais) et donc de favoriser le rapport des hommes avec les dieux. On la retrouve en Gaule sous le nom de Samonios (le mot désigne le mois qui correspond approximativement à novembre), attestée par le calendrier de Coligny.
  • Imbolc, qui a lieu le 1er février est l’évènement sur laquelle les informations sont les plus lacunaires. Selon l'étymologie, c'est une fête de purification et de lustration.
  • Beltaine, qui a lieu le 1er mai, marque une rupture dans l’année, c’est le passage de la saison sombre à la saison claire, lumineuse. Cela entraîne aussi un changement de vie puisque c’est l’ouverture des activités diurnes : reprise de la chasse, de la guerre, des razzias, des conquêtes pour les guerriers, début des travaux agraires et champêtres pour les agriculteurs et les éleveurs.
  • Lugnasad, l’« assemblée de Lug » a lieu le 1er août, pendant la période des récoltes. C’est la fête royale et plus précisément de la souveraineté dans sa fonction redistributrice des richesses. C'est une trêve militaire qui célèbre la paix, l’amitié, l’abondance et la prospérité du royaume.

La source majeure qui nous renseigne sur le calendrier celtique est le calendrier de Coligny, qui date de l'époque gallo-romaine.

Divinités et croyances 

Un des points les plus délicats à aborder, en l'absence de sources de première main, est la spiritualité des Celtes.

Ceux-ci devaient disposer d'un panthéon au moins aussi développé que celui des Grecs et des Romains (près de quatre cents figures de divinités celtiques sont recensées), mais rien n'indique que ce panthéon ait été homogène sur l'ensemble du domaine celtique, ni qu'il ait possédé une structure unique. Cependant, les principaux dieux gaulois décrits par César se retrouvent, sous leurs noms propres, dans les textes mythologiques irlandais du Moyen Âge, avec les mêmes fonctions.

Les auteurs latins et grecs citent quelques divinités gauloises, sans énoncer les motifs qui dictent leur sélection : Épona, Taranis, Esus et Lug sont ainsi connus.

La toponymie nous livre encore quelques indices sur les croyances des anciens Celtes. Ainsi, on pense que Lug était révéré dans des lieux d'altitude. Le toponyme Lugdunum (forteresse ou montagne de Lug) est directement à l'origine du nom de la ville de Lyon.

Détail d'un panneau intérieur du chaudron de Gundestrup, Musée national du Danemark, Copenhague

La place des divinités celtes dans l'art pose problème. On a longtemps considéré comme témoignage archéologique majeur sur les dieux des Celtes le chaudron de Gundestrup, découvert dans une tourbière au Danemark. Mais celui-ci, qui représente un certain nombre de divinités et évoque plusieurs mythes communs à la plupart des peuples anciens en Europe, n'est pas exempt d'influences extérieures. En tous cas, il représente un dieu cornu qui peut être associé au dieu celte à tête de cerf, Cernunnos et une divinité à la roue solaire en laquelle on peut voir une représentation de Taranis.

En statuaire, on a plusieurs fois vu représentées des figures de divinités bicéphales ou tricéphales, qui ont été associées à un Hermès. Il est en tout cas probable que le rythme ternaire ait possédé une dimension religieuse pour les anciens Celtes. Des statues de « guerriers assis », inventées dans le midi de la Gaule (Entremont, Roquepertuse), font objet de débat : il est difficile de savoir si celles-ci représentaient des dieux, des guerriers divinisés ou des héros tutélaires.

Le même problème d'interprétation se pose pour certains bustes de la « Gaule chevelue » dont la forme fait penser au haut d'un mât totémique, telle celle en laiton découverte à Bouray-sur-Juine, dans l'Essonne, qui représente un personnage avec torque et pattes de cervidé stylisées, ou encore celle conservée au musée de Saint Germain-en-Laye, en calcaire représentant un personnage avec torque et sanglier.

De même, le sens exact de certains noms associés à des divinités est plus difficile à cerner : Teutatès (qui a inspiré le célèbre Toutatis d'Astérix) pourrait ne pas désigner un dieu particulier, mais le dieu tutélaire, protecteur d'un peuple, chaque peuple celte ayant possédé ses propres divinités, certaines remontant à la préhistoire pré celtique.

L’immortalité de l’âme était une des croyances des anciens Celtes, ce qui explique peut-être les témoignages sur leur vaillance et leur intrépidité au combat, puisque la peur de la mort était absente. En revanche, la notion de la réincarnation doit être écartée de leur religion, cette suggestion étant due à des lectures erronées.

Les Celtes croyaient également en un au-delà. Dans la tradition irlandaise transmise à l'époque chrétienne, le Sidh désigne l'Autre Monde celtique, il se situe à l’ouest, au-delà de l’horizon de la mer, dans des îles magnifiques ; sous la mer, dans les lacs et les rivières où se situent de somptueux palais de cristal aux entrées mystérieuses ; sous les collines et les tertres. C’est le séjour des Tuatha Dé Danann.

Dans le domaine des rites, les sacrifices humains, le culte des têtes coupées, ou encore l'utilisation abondante du sang dans les lieux de culte sont les traits qui ont frappé l'imaginaire des auteurs antiques. L'un d'entre eux, Pausanias, accuse même les Celtes d'anthropophagie. Jules César, très sensible au sujet, écrit quant à lui :

« Ils [les Celtes] se servent pour ces sacrifices humains du ministère des druides ; ils pensent, en effet, que c'est seulement en rachetant la vie d'un homme par la vie d'un autre homme que la puissance des dieux immortels peut être apaisée. Ils possèdent des sacrifices de ce genre qui sont une institution publique. Certains ont des mannequins de très grande taille, dont ils remplissent d'hommes vivants la carapace tressée d'osiers, on y met le feu, et les hommes périssent enveloppés par la flamme. »

Dans les faits, divers témoignages archéologiques corroborent l'existence de pratiques violentes, sans que l'étendue exacte de celles-ci soit connue : culte des têtes à Entremont (Bouches-du-Rhône), réminiscence dans le décor des tympans d'églises de l'Irlande médiévale, rites sanguinaires à Ribemont-sur-Ancre, etc.

Art

Statue de guerrier debout de Glauberg Tête (Allemagne)

Guerrier debout de Glauberg, Allemagne


Les Celtes n'ayant laissé que très peu de traces écrites de leur civilisation, celle-ci nous est avant tout connue grâce leur art, largement redécouvert durant la deuxième moitié du XXe siècle.

L'art des Celtes présente une grande diversité selon les époques et les régions considérées. Il n'est pas, non plus, exempt d'influences extérieures : étrusque, grecque, scythique, puis latine, et enfin germanique et chrétienne. Toutefois, quelques caractéristiques majeures le distinguent définitivement de l'art des autres civilisations qui étaient en contact avec l'aire culturelle celtique :

  • les représentations des divinités semblent avoir existé, mais les témoignages en sont rares, d'époque gallo-romaine ou difficiles à identifier (L'une des sources les plus connues est le chaudron de Gundestrup).
  • si l'on excepte le cas de la Hesse et celui du midi de la Gaule (voir plus loin), il semble également que la statuaire de pierre n'ait pas été le domaine de prédilection des Celtes.
  • Une caractéristique majeure de l'art celte est la domination de motifs anthropomorphes ou issus de la nature, tels que les entrelacs, et une tendance à l'abstraction. Issue du schématisme hallstattien, cette tendance atteint son apogée à travers les enluminures des manuscrits celtiques d'Irlande et d'Écosse de la période chrétienne insulaire, tels que le célèbre livre de Kells (voir aussi le monastère de Iona).
  • la statuaire retrouvée sur certaines tombes représente des hommes debout dotés de curieuses excroissances de part et d'autre de la tête. Outre des guerriers il est possible que ces statues soient celles de druides. Ces derniers se rasaient le crâne au-dessus du front et se laissaient pousser les cheveux sur les côtés dont ils faisaient de longues nattes. Ces excroissances peuvent être la représentation simpliste de ces nattes relevées de chaque côté de la tête.

Tags associés : celtes

J'kaz !
0
Samedi 07 Mars 2009Poster un commentaire

Intro

                                                                                                          

La Pierre de Rök
L'alphabet runique ou Futhark – terme formé à partir du nom des six premières lettres de cet alphabet – était l'alphabet utilisé par les anciens peuples de langue germanique, tels que les Anglo-saxons (pour écrire le vieil anglais) ou les Scandinaves (pour écrire le vieux norrois).

Les racines indo-européennes du mot « rune », *rūn, signifient « mystère » ou « secret » et ceci est plus visible dans l'un des dérivés raunen signifiant « murmurer » ou « parler en secret ».

Système originel

Cloche de l'église de Saleby, Västergötland, Suède, contenant des inscriptions datant de 1228 en futhark
Cloche de l'église de Saleby, Västergötland, Suède, contenant des inscriptions en futhark datant de 1228


L'alphabet original des runes nordiques, le futhark à 24 lettres, représentant les 24 constellations visibles des anciens Scandinaves, dont les Vikings, est souvent appelé la « ligne rune » et était organisé en trois groupes de 8 runes chacun, dénommés ätter (familles) : les ätts de Freyr (ou Frey), Hagal et Týr respectivement, le premier caractère de chaque groupe étant exemplifié par le caractère initial du nom.

Le futhark original nordique de 24 lettres, aussi connu comme le futhark germanique : Fehu, Ūruz, Þurisaz, Ansuz, Raidō, Kaunan, Gebō, Wunjō, Hagalaz, Naudiz, Īsaz, Jēra, Eihwaz, Perþō, Algiz, Sōwilō, Tiwaz, Berkanan, Ehwaz, Mannaz, Laguz, Ingwaz, Dagaz et Oþila (Propriété Óðal).

Voici les 24 runes originelles :

f f u u th,þ þ a a r r k k g g w w
h h n n i i j j ï,ei ï p p z z s s
t t b b e e m m l l ŋ ŋ d d o o


Symbolique 

Chaque rune possède une symbolique :

  1. Fehu : le bétail, l'argent, la richesse : c'est le dieu de la Fertilité. Elle symbolise aussi le feu primordial, et est à l'origine de toute chose. (Lettre F)
  2. Uruz : le bison, le bœuf, la force vitale première. (Lettre U)
  3. Thurisaz : les géants, le supplice des femmes. (Lettre TH en anglais)
  4. Ansuz : Dieu, poutre sacrée ou pieu des ancêtres. Elle symbolise surtout l'inspiration, la conscience. (Lettre A)
  5. Raido : la chevauchée, le chemin, le voyage dans les ténèbres. (Lettre R)
  6. Kaunan : la torche, le canot, le bateau. (Lettre K)
  7. Gebo : les dons et cadeaux, le Sacrifice et les offrandes. (Lettre G)
  8. Wunjo : le délice, la magnificence, le confort. (Lettre W)
  9. Hagalaz : la grêle, l'orage, la Magie néfaste du Temps. (Lettre H ou CH)
  10. Naudiz : la servitude, la détresse, la contrainte, le tourment, la nécessité. (Lettre N)
  11. Isaz : la glace, le froid et le malheur. (Lettre I)
  12. Jeran : les années, les saisons fertiles, les récoltes et la bénédiction du champ. (Lettre J)
  13. Eihwaz : l'if, la mort, la proscription de la Magie et autres dangers. (Lettre E)
  14. Pertho : divination, hasard. (Lettre P)
  15. Elhaz : l'homme, la fourchette, l'ambivalence. (Lettre R)
  16. Sowilo : le soleil, la lumière, la chaleur et la fertilité. (Lettre S)
  17. Tiwaz : la flèche, la fidélité, le dieu de la Guerre Ziu. (Lettre T)
  18. Berkanan : la branche de bouleau, le mariage et la déesse Frigg. (Lettre B)
  19. Ehwaz : le cheval, l'accompagnateur du char du soleil. (Lettre E)
  20. Mannaz : l'homme, l'humanité. (Lettre M)
  21. Laguz : l'eau, la mer, les lacs et les sources. (Lettre L)
  22. Ingwaz : Dieu ou héros de souche Ingwi. (Lettre NG)
  23. Dagaz : le jour et la luminosité, à l'origine du feu sacré. (Lettre D)
  24. Othalaz : la propriété foncière. Le contraire de Fehu. (Lettre O)

Noter que le système runique, lorsqu'il est utilisé en tant que système magique, présente une adaptabilité très grande. Les symboliques données ci-dessus sont valables mais pas en tant que dogmes, plutôt en tant que possibilités parmi d'autres. Les chercheurs runiques ne considèrent généralement pas les runes sous un jour purement objectif, mais tentent de se les réapproprier tant leurs sens peuvent être multiples, et leurs interprétations variables.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/84/Vaksalastenen.jpg

La Pierre de Vaksala, Pierre chrétienne d'Uppland (Suède)

 

Utilisation des runes

Les runes étaient ordinairement utilisées pour des inscriptions dans le bois, le métal, le cuir ou la pierre. Les runes consistaient principalement en des marques verticales et diagonales, avec moins de marques horizontales ou courbées (certaines versions de runes n'en ont aucune).

Le dessin des runes aidait à leur sculpture dans le bois. Les mots étaient écrits le long du grain du bois, signifiant que toutes les marques étaient coupées à travers le grain. Ceci est dû au fait que des coupes le long du grain auraient provoqué des cassures dans le bois, ou se seraient refermées si le bois absorbait de l'humidité. Bien que les runes aient été utilisées pour des travaux d'écriture comme la Bible, elles l'étaient plus habituellement pour des inscriptions courtes plutôt que pour un texte complet.

Dans la mythologie nordique le dieu Odin est suspendu dans le monde-arbre, Yggdrasil, pour neuf jours en sacrifice personnel afin d'apporter le cadeau des runes à l'humanité. D'après Tacite, les anciens peuples germaniques avaient l'habitude de creuser des marques sur des feuilles de bois de fruit et les sélectionner comme lots pour la divination. De plus, chaque rune est associée à un dieu, et par là possède une signification magique particulière, qui peut s'associer à d'autres runes pour former un sort, une amulette ou une bénédiction.

 

Origine des runes

L'alphabet runique fut créé par les locuteurs de dialectes de langues germaniques afin d'écrire leurs langues. Bien que quelques érudits prétendent que les runes seraient entièrement issues de l'alphabet grec (Morris in Odenstedt 359) ou du latin (Odenstedt 362) la plupart des érudits considèrent que cet alphabet est un mélange aux origines diverses. Seebold, Krause, Jensen (571) et Coulmas (1996: 444 ff.) pensent que l'alphabet runique est un mélange d'alphabets italique nordique/alpin avec une influence latine.

Cette pensée majoritaire est certainement plus réaliste que les explications fournies par Morris et Odenstedt.

Quelques lettres ont une origine latine évidente, par exemple les runes pour /f/ et /r/, d'autres qui rappellent — au moins au niveau du format — l'alphabet alpin, par exemple le rune /h/. Il y a aussi des symboles qui peuvent être aussi bien latins que alpins, par exemple la rune /i/-rune. Bernal (36) pense qu'il y avait aussi quelques substrats d'alphabet impliqué ; Miller (62) prétend que les origines de l'alphabet runique sont le méditerranéen archaïque. Les deux n'expliquent pas les raisons de leurs croyances. Dans le même travail, Miller écrit aussi que les paramètres phonétiques sur lesquels l'alphabet runique est établi sont finalement clairement sémitiques et sont liés aux scénarios de Byblos et Ugarit aussi bien que l'alphabet phénicien. Plusieurs scénarios runiques différents furent développés au cours du temps.

Les runes les plus anciennes qui nous sont parvenues seraient datées de l'an 200, et il est généralement accepté qu'elles ne furent pas inventées avant l'an 1. Ces runes primitives jusqu'aux environs de l'an 650 semblent toutes utiliser le même futhark de 24 runes. La plupart de ces inscriptions sont très courtes et incompréhensibles, et dans presque tous les cas il est difficile de les traduire et d'être certain de leur langue précise. La plupart des runes préservées sont en pierre, cependant quelques fragments existent en bois, écorce et os, et quelques-unes sur du parchemin, le plus fameux étant le Codex Runicus. Ces inscriptions à la traduction incertaine voire impossible, sont la plupart du temps des inscriptions à dessein magique. Ceci signifie que ces caractères runiques n'étaient pas ordonnés pour former des mots (dépendant d'un langage), mais que leur graveur utilisait alors leur sens magique, lequel ne dépend pas de la phonétique ou de la langue, mais est propre à chaque caractère. Dans le cas de telles formules runiques, le futhark perd son rôle de support du langage pour devenir le support des pratiques ésotériques propres aux cultures nordiques.

Il apparaît que les runes pourraient être beaucoup plus anciennes. La rune pour le son æ, comme dans sAd, n'était pas utilisée dans l'écriture, car à cette époque les langues germaniques n'avaient pas ce son. Néanmoins, dans chaque liste de caractères elle apparaît toujours. Cependant, dans le proto-ouest germain æ semble avoir existé comme un phonème complet. Rien ne permet de prouver que le futhark aurait subi l'influence latine ou grecque. Au contraire, il serait plus judicieux de les dater d'une époque très antérieure, puisque le système d'écriture "ancêtre" des runes, l'écriture dite d'Hallristinger, et présentant cette même forme rude et rectiligne, découverte dans la partie nord nord-ouest de l'Europe, daterait de la fin de la préhistoire. Le svastika y est très présent, on dénombre dans cette écriture jusqu'à cinq versions de ce symbole solaire (note : « Svastika » signifie « tout est bien » en sanscrit).

 

 

Tags associés : alphabet, runique

J'kaz !
0
Mardi 17 Mars 20091 commentaire(s)
Horloge
  • Stonehenge1
Tv streaming
  • Streaming TV